BONNES SŒURS  posté le samedi 10 février 2007 14:56

Blog de gerardmer2 :LE FESTIVAL FANTASTICART 2007 AU JOUR LE JOUR, BONNES SŒURS

Sisters(id.) de Douglas Buck avec Chloé Sevigny, Stephen Rea, Lou Doillon… (USA. 2006. 92 mn - en compétition)

 

RESUME : Une journaliste enquête sur le mystérieux docteur Lacan. Son investigation la mène au coeur de la clinique Zurvan, lieu de traitements psychanalytiques expérimentaux pour enfants. Là, elle rencontre une bien étrange jeune femme, un cobaye humain dont l'innocence fragile cache de dangereux secrets…

 

CRITIQUE : Après l’excellent (et très glauque) Family portraits, Douglas Buck semblait l’homme de la situation pour faire ce remake du beau film de Brian dePalma. Si ce Sisters 2007 n’atteint pas l’épure horrifique de son modèle, il reste toutefois un stimulant objet critique. L’idée est géniale : faire un « film-jumeau » d’une histoire qui ne parle de gémellité. DePalma, d’ailleurs, jouait avec ça, en double d’Hitchcock. S’il reste fidèle au cinéaste de Body double, Buck, lui, utilise l’intrigue en la filmant comme du Cronenberg 1977 (avec de grosses références), jusqu’à un dernier quart d’heure quasi-expérimental. Mais si l’aspect théorique passionne, et si Sisters est bourré d’idées de cinéma, un manque de rythme évident casse un peu la fascination et tombe parfois dans le ridicule. Il faut dire que les tois interprètes ne sont pas au meilleur de leur forme (Lou Doillon, aïe…). Un « grand film malade », selon la formule célèbre ? Oui. Normal, pour une œuvre qui ne parle que de thérapie…

 

B.L. & E.C.

 

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NORVEGE TANT POINT VECU…  posté le samedi 10 février 2007 14:53

Blog de gerardmer2 :LE FESTIVAL FANTASTICART 2007 AU JOUR LE JOUR, NORVEGE TANT POINT VECU…

 

Den Brysomme mannen(The Bothersoma man / Norway of life) de Jens Lien avec Trond Fausa Aurvaag, Petronella Barker, Per Schaaning, Birgitte Larsen… (Norvège. 2006. 95 mn - en compétition)

 

RESUME : Andréas se retrouve dans une ville étrange. Il ignore comment il est arrivé là. On lui remet un emploi, un appartement, et même une femme. Très vite, il s’aperçoit pourtant qu’il y a quelque chose qui cloche. Tentant de s’enfuir, il découvre que la ville est sans issues…

 

CRITIQUE : Salué au dernier festival de Cannes (semaine de la critique), le second long-métrage du Norvégien Jens Lien détonne un peu au milieu des slasher movies dominants – même s’il y est également question d’élimination (sociale, en l’espèce). Dès sa première scène, un ton singulier est donné, entre Beckett, Houellebecq, un Paris Texas nordique et le catalogue Ikéa. Surprise : alors qu’il aurait pu s’écrouler très rapidement, ce climat tient jusqu’au bout, grâce à de nombreuses trouvailles scénaristiques et plastiques. Norway of life (titre français un peu « pouêt pouêt »…) avance ainsi dans la vie de son anti-héros, en dressant au passage un portrait sarcastique d’une société du libéralisme nordique réputé « cool ». Jens Lien décrit ainsi avec malice un monde de déshumanisation, à partir de détails du quotidien d’où surgit le fantastique. Sil cède à certaines critiques trop aisées, et si on est parfois agacé que toutes les séquences soient construites comme des spots de pub, Norway of life est sans nul doute l’une des très belles suprises du festival.

 

B.L.

 

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PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS...  posté le dimanche 04 février 2007 22:41

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The Woods de Lucky McKee avec Lauren Birkell, Agnes Bruckner, Patricia Clarkson, Bruce Campbell (USA. 2006. 87 mn - compétition vidéo)

 

RESUME : Heather une adolescente négligée par ses parents est envoyée dans un pensionnat isolé au fond des bois. Encadrée par la sinistre Madame Traverse et son équipe, Heather devient la tête de turc de ses camarades, et ne rêve que d'une chose : retourner chez elle. Mais lorsque des étudiants disparaissent, elle commence à avoir d'horribles visions...

 

CRITIQUE : Après le formidable May et un épisode plutôt réussi des Masters of horror (Sick girl), Lucky McKee semble avoir reçu la carte des petits maîtres du fantastique, sur qui on compte pour prendre la relève des John Carpenter, Joe Dante et autres Tobe Hooper. Mais précédé d'une mauvaise rumeur venue d'outre-Atlantique, The Woods laissait craindre le pire, sachant que le film restait dans les cartons de la MGM et que McKee n'a pas pu avoir le final cut. Il est vrai qu'à la vision de The Woods, on se dit que quelque chose ne va pas. On sent un cinéaste sous influences - de Dario Argento aux Innocents de Clayton (parmi tant et tant d'autres...) - qui joue formidablement avec le hors-champ, et dont la vision artistique cohérente est soudain cassée par des effets hors-sujet.

 

Lors de sa parution vidéo, on conseillera d'ores et déjà de ne pas regarder les quinze dernières minutes d'une gratuité désolante. The Woods appartiendrait-il à la célèbre confrérie des "grands films malades" ? C'est probablement le cas, car les symptômes sont là. Espérons que la thérapie "director's cut" fera ses effets.

 

B.L.

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BLOODY MECHOUI !  posté le dimanche 04 février 2007 22:31

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Black sheep de Jonathan King avec Nathan Meister, Peter Feeney, Oliver Driver, Danielle Mason... (Nouvelle Zélande. 2007. 87 mn - en compétition)

RESUME : Terrifié par les moutons et sortant tout juste d'une thérapie, Henry revient dans la ferme familiale afin de la vendre à son frère aîné. Il ne sait par encore que ce dernier y mène des expériences génétiques à haut risque. Quand un groupe d'activistes écologistes libère un agneau mutant, des milliers de moutons se transforment peu à peu en de sanguinaires prédateurs...

CRITIQUE : Evidemment, c'est drôle. L'esprit potache de Jonathan King et son amour des séries Z transpirent en effet à chaque plan de ce Black sheep d'une débilité totalement assumée. Et visuellement, outre ses trucages cheap irrésistibles, les champs-contrechamps sur de paisibles brebis devenant des monstres sanguinaires nous valent quelques scènes d'anthologie. Certes, Le film ne brille pas par sa finesse d'écriture (l'histoire tient sur un ticket de caisse), ni par son brio de mise en scène. Mais paradoxalement, c'est là où réside le charme de cette comédie très gore.

Pourtant, si sympathique soit-elle, l'entreprise laisse songeur le spectateur qui, il y a vingt ans déjà, avait pu voir le film d'un autre débutant néo-zélandais : un certain Peter Jackson. On sait ce que celui-ci est devenu, passant du statut du wanabee "culte" de Bad taste au bankable maître du blockbuster Seigneur des anneaux. Dès lors, Black sheep ne cacherait-il pas une oeuvrette opportuniste par un gros malin rêvant du même destin que son aîné ? On espère que ce n'est pas le cas.

B.L.

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UNE FAMILLE FORMIDABLE  posté le dimanche 04 février 2007 22:28

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The Abandonned de Nacho Cerda avec Anastasia Hille, Karel Roden, Valentin Ganev... (Espagne. 2006. 96 mn - en compétition)

RESUME : Marie a été adoptée et emmenée aux Etats-Unis alors qu'elle n'était qu'un bébé. Elle retourne dans son pays natal, la Russie, pour reconnaître le corps de sa mère, retrouvée morte dans des circonstances étranges. Sa seule piste est une ferme abandonnée dans les montagnes et qui appartenait à ses parents...

CRITIQUE : Sans doute The Abandonned était-il trop attendu. S'il possède d'évidentes qualités visuelles et s'il instaure un saisissant climat de tension (du moins pendant sa première heure), le premier film de Nacho Cerda laisse un peu sur sa faim. Voulant plonger dans l'horreur de la psyché des personnages, le Catalan s'emmêle les pinceaux à cause d'un scénario en roue libre. Rapidement, le film devient lourd, explicatif, répétitif, voire pénible dans son dernier quart d'heure.

On voit un vrai talent à l'oeuvre - notamment dans quelques scènes insoutenables (le bébé au milieu des sangliers restera un des grands moments du festival) -, gâché par un script bancal et prétentieux. A se demander si ce n'est pas le plasticien Cerda n'est pas le véritable "abandonné", dans l'affaire... Moyen.

B.L.

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